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Réglementation des changes 2026 : un tournant stratégique pour l’attractivité des investissements au Maroc

Réglementation des changes 2026 : un tournant stratégique pour l’attractivité des investissements au Maroc

 

L’entrée en vigueur de la nouvelle Instruction Générale des Opérations de Change 2026 (IGOC 2026) marque une étape décisive dans l’évolution du cadre réglementaire des flux financiers internationaux au Maroc. À travers cette réforme, l’Office des Changes s’inscrit dans une dynamique de modernisation visant à concilier sécurisation des opérations, simplification des procédures et renforcement de l’attractivité du Royaume pour les investisseurs étrangers.

 

Un cadre plus favorable aux investissements étrangers

 

L’IGOC 2026 consolide le principe fondamental de convertibilité des investissements étrangers financés en devises, en garantissant la liberté de transfert à l’étranger :

 

- des revenus générés par l’investissement,

- du produit de cession ou de liquidation,

- du remboursement des prêts et avances assimilées,

- ainsi que des montants issus de successions liées à des investissements.

 

Cette consécration réglementaire constitue un signal fort adressé aux investisseurs internationaux : la sécurité juridique des capitaux est désormais au cœur de la politique marocaine des changes. Elle répond à une attente essentielle des opérateurs économiques, pour qui la possibilité de rapatriement des fonds demeure un critère déterminant dans toute décision d’implantation.

Par ailleurs, l’IGOC 2026 introduit une innovation significative en faveur des étrangers résidents de longue durée. Ceux justifiant d’une détention d’investissement au Maroc depuis au moins dix ans peuvent désormais transférer leurs revenus à l’étranger dans la limite de 2 millions de dirhams par ansans obligation de présenter les justificatifs d’origine en devises.
Cette mesure illustre une volonté assumée d’alléger les contraintes administratives historiquement perçues comme un frein à la fluidité des opérations financières internationales.

 

Transfert des bénéfices : vers une logique de confiance et de fluidité

 

La question du transfert des bénéfices des sociétés étrangères constitue l’un des axes majeurs de la réforme. L’IGOC 2026 s’inscrit dans une logique de simplification et de sécurisation, en réduisant certaines exigences documentaires qui, dans la pratique, pouvaient constituer des obstacles à la mobilité des revenus.

Ce changement de paradigme repose sur une approche fondée davantage sur la conformité globale que sur le contrôle excessivement formaliste. Il témoigne d’une volonté de rapprocher la réglementation marocaine des standards internationaux en matière de liberté de circulation des capitaux, tout en maintenant les garanties nécessaires contre les abus.

 

Des facilités accrues pour l’investissement des entreprises marocaines à l’étranger

 

Dans une logique de réciprocité économique, l’IGOC 2026 consacre également un cadre plus lisible pour les entreprises marocaines souhaitant investir à l’étranger. Cette réforme précise les conditions d’éligibilité, en exigeant notamment :

 

- une ancienneté minimale de trois ans d’activité,

- des états financiers certifiés,

- et une cohérence stratégique entre l’investissement projeté et l’objet social de l’entreprise.

 

Les formes d’investissement autorisées – création de filiales, prise de participation significative ou ouverture de succursales – sont désormais clairement encadrées, ce qui favorise la structuration juridique des projets d’expansion internationale.

Au-delà de la dimension réglementaire, cette ouverture traduit une reconnaissance implicite du rôle croissant des entreprises marocaines sur les marchés africains et internationaux. Le législateur accompagne ainsi une évolution naturelle du tissu économique national vers une présence plus affirmée à l’étranger.

 

 

Au-delà de ses aspects techniques, l’IGOC 2026 reflète une orientation politique cohérente : faciliter l’accès des investisseurs étrangers au marché marocain et inscrire le Royaume dans une trajectoire d’ouverture maîtrisée.

En modernisant la réglementation des changes, le législateur envoie un message fort aux acteurs économiques : le Maroc entend dépasser la logique purement administrative pour adopter une vision stratégique de l’investissement, fondée sur la prévisibilité juridique, la souplesse opérationnelle et la confiance dans les opérateurs.

Dans un contexte international marqué par une concurrence accrue entre destinations d’investissement, cette réforme constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du Royaume et consolider son positionnement comme hub économique régional.

Publié le : 14-05-2026

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